Go et réussite personnelle

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Comme le stand Fukushima ou l’arène League of Legends, le Jeu de Go n’est pas forcément le premier type de stand qui vient à l’esprit lorsqu’on parle de Japan Expo (sur laquelle j’ai déjà publié un article jeudi – je vous invite d’ailleurs à y faire un tour). Pourtant, c’est un stand qui est resté plein à craquer chaque jour de la convention ; j’ai eu l’occasion d’y faire un tour dimanche matin, et d’interviewer l’un des animateurs présents.

Petite introduction au Jeu de Go

Loïc, 21 ans, est étudiant à Grenoble et membre du conseil d’administration du club de Go de la même ville. Joueur féru depuis quelques années, il fait partie de l’association depuis deux ans. Il commence par nous présenter une petite définition du Go, précisant avant tout que chacun a une perception différente de cette activité, et qu’il y a autant de définitions du jeu que de personnes à qui nous pourrions poser la question. “Le but du jeu, comme le disait un débutant que j’ai initié il y a quelques jours, c’est de gagner”, dit-il d’abord avec un sourire : pour gagner, il faut avoir le territoire le plus étendu. Pour cela, on alterna les priorités entre défense des frontières, attaque contre l’adversaire et sécurisation de son propre territoire. Le principe du jeu implique donc de faire des concessions, car on ne peut presque jamais complètement rayer son adversaire de la carte.

La légende veut qu’un empereur ait créé le jeu pour son fils dans le but de l’initier à l’art de la guerre. Le plateau de jeu a évolué avec le temps : d’abord un carré de 17 lignes de côté, il est passé à 15 lignes, et aujourd’hui à 19, ce qui correspond à 361 intersections, ou points. Le Go est donc un jeu millénaire, aux règles très simples et très peu nombreuses. Il fut joué d’abord par les stratèges militaires chinois puis devenu un jeu très populaire dans l’ensemble de l’Asie, en particulier au Japon, et qui se démocratise enfin dans les pays occidentaux ; aujourd’hui, il fait son apparition dans les écoles primaires françaises, à Grenoble par exemple.

Quelles leçons tirer du Go ?

Concentration

Au Go, on a un nombre incroyable de possibilités différentes. Pour gagner, il faut voir plus loin que l’adversaire, et donc être capable de jouer pour l’autre aussi bien que pour soi, ce qui permet d’anticiper.

Organiser les priorités

Evidemment, l’adversaire aussi souhaite gagner la partie. Il faut donc savoir quelles zones on souhaite envahir ou sécuriser, si on préfère privilégier l’attaque ou la défense et où doit se créer le prochain point de confrontation.

Avoir une vision globale

On ne doit pas se concentrer sur une seul zone, mais raisonner par lignes de force et toujours avoir une vue globale du Goban. L’idéal sera de pousser l’adversaire à nous aider : les actions doivent être des prises d’initiative plutôt que des simples réactions aux mouvements de l’autre. C’est le principe de prendre la main. Une force d’un bon joueur est de savoir ôter toute indépendance à son adversaire en le forçant à agir comme il le souhaite : on appelle cela un coup sente.

L’anticipation

Il s’agit ici de voir plus loin que l’adversaire et d’étudier toutes les possibilités.

Savoir faire des concessions

On ne peut pas maîtriser toutes les zones du plateau, sauf différence de niveau extrême, et on perdra généralement quelques points qu’il faut savoir sacrifier si c’est nécessaire. De même, dans la vie, on devra accepter l’échec à l’occasion, et on ne peut pas maîtriser parfaitement tous les domaines. Mieux vaut donc sécuriser quelques zones en devenant un expert dans quelques domaines plutôt que de construire des fondations fragiles un peu partout !

Un petit bonus : Go et informatique

Le Go est un des seuls jeux contre lesquels l’ordinateur n’est pas un super-humain. Aux échecs, par exemple, un ordinateur sera meilleur que le meilleur des humains ; au go, il aura le niveau d’un amateur doué. Il est arrivé une fois à une intelligence artificielle de vaincre un professionnel, mais c’était sur un Goban (un plateau) de 13 lignes de côté, donc plus petit que la moyenne. Sur un Goban de 19 lignes de côté, soit la taille standard, l’ordinateur n’est pas encore capable de calculer toutes les possibilités de jeu.

Les programmateurs se basent sur la méthode MCNP (Monte Carlo N Particules), une technique de modélisation basée sur les probabilités qui est souvent utilisée en ingéniérie, par exemple dans le domaine du nucléaire. Ce n’est pas suffisant pour détrôner l’humain : en cela, le Go est un peu le petit village gaulois des jeux de stratégie, celui qui ne se laissera pas conquérir par la technologie ! Le progrès est cependant rapide : il y a quelques années à peine, le meilleur des ordinateurs n’aurait jamais battu un simple joueur amateur.

Une dernière chose : il est dommage de devoir se rendre compte que la population qui joue au Go est majoritairement scientifique, et masculine, alors que rien ne donne un avantage à nos amis les matheux. Au contraire, c’est un jeu extrêmement accessible, et l’un des plus populaires en Asie, où c’est presque un équivalent de nos jeux de cartes classiques, comme la belote ou le poker !




Bachelière à 15 ans, puis étudiante en licence de Langues Étrangères Appliquées, j’ai créé Réussir Mes Études en 2012, avant d’intégrer emlyon business school. Je suis aujourd’hui Content Marketing Manager chez JobTeaser.

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