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EMLYON AST 2013 – Témoignage

Dans cet article et le prochain, Loulilol nous raconte ses épreuves d’admission en école de commerce et le concours 2013 pour EMLyon et l’ESSEC.

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Le TAGE-MAGE

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L’une des deux épreuves d’admissibilité de EMLyon. J’ai commencé à le préparer bien en avance pour avoir l’avantage de pouvoir réviser sereinement. Le seul problème, c’est qu’au bout d’un certain temps, les tests sont épuisés. N’étant pas matheux de base et assez lent d’esprit, j’ai concentré 90% de mes effort sur le calcul, conditions minimales et logique. Pour le français, je partais du principe qu’en lisant tous les jours depuis quelques années – abonnement au Monde et livres à côté –  ce n’est pas en lisant trois textes par semaines de plus que ma compréhension de la langue de Molière allait subitement évoluer. Quant aux règles de grammaire et d’orthographe, j’ai tout simplement décidé de faire l’impasse dessus, par pure fainéantise.

Au niveau des livres, je m’étais entrainé sur la Bible du TAGE-MAGE, que je déteste au plus haut point, et Objectif 600, qui me laisse assez perplexe. Pas les meilleurs bouquins on va dire, mais plutôt les moins pires. Béni soit celui qui sortira un livre vraiment dans l’esprit du TAGE-MAGE. J’ai voulu apprendre le cours de maths par cœur, des carrés jusqu’à 20 en passant par les cubes et les différentes formules de calcul de distance de train, vélo, moto, voiture et autres moyens de transport. L’ennui a eu raison de moi, j’ai rapidement abandonné. Je me suis donc contenté de faire, refaire et rerefaire les tests.

Le jour J arrive. Je n’étais pas plus confiant que ça, j’espérais juste tomber sur une partie maths facile. Première épreuve, grosse surprise : la compréhension de textes était loin d’être simple. Grosse panique pendant plusieurs minutes, je ne comprenais pas le texte du premier coup et les questions étaient assez compliquées. Soit je me mettais par terre en position fœtale pour pleurer toutes les larmes de mon corps en criant que c’est fini, je finirai clochard, soit je tentais de me calmer pour continuer sereinement l’épreuve. Ne voulant pas être expulsé de la salle au bout de 3 minutes, j’ai préféré la deuxième option. A ma grande surprise, la partie calcul était simple. Cela m’a pas mal rassuré. Je ne me souviens plus précisément de la suite des épreuves mais le score final – 327 – me laisse penser qu’il n’y a pas eu de miracle ou de catastrophe.

La note de synthèse

La fameuse note de synthèse que je redoutais tant. Pourquoi ? Tout simplement parce que 2 ans avant, j’avais tenté de rentrer à Sciences Po, en préparant sérieusement la note de synthèse. J’ai récolté un magnifique 8. Je sais que les chinois trouvent que le chiffre 8 porte bonheur, mais dans mon cas, il signifiait surtout une non-admissibilité à EMLyon si je venais à répéter cet exploit. J’ai donc réfléchi à comment aborder cette épreuve :

  • Dans l’absolu, Sciences Po est plus coté que EMLyon, les exigences sont donc revues à la hausse
  • Sciences Po est surtout connu pour ses carrières administratives. Qui dit administration dit note de synthèse impeccable, cf. 1

Je me suis donc dit, de manière assez approximative et sans aucun fondement autre que mon intuition, que si ma copie valait un 10 à l’IEP de Paris, ça vaudrait bien un 13 ou un 14 à EMLyon. Sauf que voilà, le 10, je ne l’avais pas atteint. Comment faire alors pour avoir une note décente à EMLyon ? Et bien en ne faisant rien pardi !

Je m’explique. Comme je l’ai écrit plus haut, je lis très régulièrement la presse française et anglaise, je n’ai donc pas trop de problème au niveau de la lecture et du suivi de l’actualité. De plus, une de mes activités associatives m’a poussé à écrire des articles pour différents sites internet. Et même si cela ne m’a pas encore permis de gagner le prix Pulitzer et de prendre ma retraite à 24 ans, j’ai pu m’entrainer à la synthèse d’article assez régulièrement. Je me suis donc dit qu’un entrainement chaque semaine serait inutile et que le jour J, je m’en tiendrai à un plan simple en peaufinant au maximum l’écriture, l’expression et l’orthographe. J’ai relu une semaine avant un livre sur la note de synthèse dont le nom m’échappe, histoire de ne pas être trop rouillé. On verra ce que ça donne.

Le jour tant attendu est enfin arrivé. Le sujet ? Pourquoi et comment relocaliser les entreprises françaises. Sujet vraiment plaisant avec des documents simples à lire. Je garde le plan tel qu’il est donné dans le sujet pour éviter de passer 3 heures à en trouver un autre. Le mieux est l’ennemi du bien comme on dit. Je lis tout ça assez vite et repère facilement les idées de chaque document. J’attaque l’écriture au propre et je finis une demi-heure avant l’heure limite. J’imagine que ces 30 minutes auraient pu servir à rendre une copie qui ferait rougir les correcteurs de l’ENA, mais bon, ça sera pour un autre jour. Restons simple et efficace.

L’entretien EMLYON et l’oral d’anglais

Les résultats sont tombés : 13 en dissertation et un 327/600 au TAGE-MAGE converti en 10,9 sur 20. Mon raisonnement sur la dissertation n’était finalement pas totalement faux ! Je m’inscris pour l’oral, le samedi matin. Hébergement à l’hôtel Campanile tout près de EMLyon. Je vous le conseille non pas pour ses chambres correctes ou la serveuse assez mignonne mais pour son cadre, calme et reposant. Je pense que ça vaut le coup de payer la chambre histoire d’arriver la veille et éviter ainsi de prendre un train à 6h du matin pour un oral à 9h.

On est accueilli par les admisseurs qui avaient tous l’air sympa. Direction l’amphi pour une petite présentation de l’école. Ils projettent une vidéo : ski, soirées, voile, musique et j’en passe. J’ai eu peur de passer un oral pour être G.O au Club Med’ mais non, c’est bien EMLyon. Ca bosse dur ici. Une ou deux heures plus tard vient enfin le moment tant redouté. Le jury était composé de la directrice du PGE (ou de l’école ? Je ne sais plus) et d’un ancien diplômé qui travaille maintenant dans le BTP. L’entretien est très classique. Présentation de mon projet, une question d’actualité, question sur mes expériences etc etc. Je n’ai jamais été mis en difficulté et je répondais tranquillement aux questions. Je suis sorti de la salle en pensant avoir fait mon taf correctement. Le résultat final montrera que j’étais passé à côté. Mais avant ça, et après l’entretien de motivation, voici l’entretien d’anglais.

Texte en anglais sur les armes à feu et Obama. Je n’ai jamais eu vraiment de problème à l’écrit dans la langue de Shakespeare mais le texte ne me passionnait absolument pas. J’essaie d’expliquer à la prof’ ce que j’ai retenu du texte. C’est rapide. Un peu trop rapide à mes yeux. Sans parler de mon anglais pas assez fluide à cause du stress. On change de sujet au bout de 5 minutes et on commence à parler de moi. Je me décoince et on papote tranquillement. Fin de l’entretien et direction la gare. Honnêtement, vu comment avait commencé l’entretien en anglais, je pensais avoir un petit 10. Là encore, je m’étais trompé.

Résultat final et réflexions sur EMLYON

Recalé. Le résultat est sans appel : 13 à l’anglais mais 8 à l’entretien. Je mentirais si je disais que je m’en fichais. J’ai mal compris leur décision vu que je pensais avoir fait un bon entretien. Le feedback que j’ai demandé quelques semaines après m’a permis de comprendre la raison de mon rejet et d’en tirer les conclusions.

Ce que je vais écrire là n’engage que moi. Je pense qu’en dehors d’un certain niveau académique, des expériences professionnelles et extra scolaires intéressantes, les meilleures écoles de commerce cherchent surtout des caractères. Pas forcément des gens avec le charisme de Churchill, le leadership de Steve Jobs ou le charme de Patrick Sebastien, mais au moins des gens ayant confiance en eux, qui dégage « quelque chose ». Vous pouvez avoir le meilleur dossier du monde, mais si vous êtes timide et effacé en entretien, ça ne passera pas. Vous pouvez me dire « c’est injuste, j’ai réussi mon doctorat en physique nucléaire à 18 ans mais malheureusement je suis timide, pourquoi ne me laissent-ils pas une chance alors que j’ai un QI à 4 chiffres ? ». Ils pourraient. Le problème c’est que le monde de l’entreprise, monde dans lequel vous vous destinez après une école de commerce, récompense plus souvent les gens relativement bons avec une certaine prestance/charisme/tchatche/swag que les gens extrêmement bon ayant du mal à se sociabiliser. Les compétences techniques, c’est bien. Le relationnel, c’est mieux.

Par Lexane Sirac

J'ai grandi au Québec puis à Grenoble. Après avoir obtenu mon bac à 15 ans, j'ai arrêté mes études pour faire du sport à haut niveau jusqu'à ce qu'une blessure me renvoie sur les bancs de l'école. J'ai fondé Réussir Mes Études en janvier 2012, avant d'intégrer l'emlyon et de décider de faire de l'écriture mon métier.

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