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La mauvaise réputation des écoles de commerce

Bonjour à tous, dans cet article je vais tenter d’analyser un phénomène récurrent du système éducatif français : la critique des écoles de commerce.

Quiconque lisant la presse généraliste ou les sites dédiés à l’éducation pourra constater que les portraits faits des écoles de commerce sont rarement valorisants, et que les commentaires ou réactions des internautes traduisent un rejet, voire une haine, de ces établissements. Je vous ai concocté un petit florilège à la fin de cet article.

On les accuse pèle-mêle d’être des repaires de jeunes bourgeois cupides et vicieux, d’être un moyen pour les étudiants peu travailleurs mais riches de s’acheter un diplôme, de propager des valeurs individualistes, d’apprendre comment exploiter les travailleurs et d’être responsables de la crise économique actuelle. Diantre. Les écoles de commerce seraient-elles l’antichambre de la salle des négociations du grand complot mondial ?

Evidemment, il existe des arguments parfaitement recevables contre les écoles de commerce, ou plus exactement en faveur des alternatives existantes. Mais ces critiques ne sont presque jamais formulées, et la plupart des arguments invoqués relèvent plus du cliché que de la réalité ou de faits avérés.

emlyon

Les écoles de commerce permettent d’acheter un diplôme sans effort

Avant toute chose un point grammatical s’impose. LES écoles de commerce, ça n’existe pas. Il y a éventuellement DES écoles de commerce, mais les écoles de commerce ne forment pas un bloc homogène et indistinct. Entre le top 3 des écoles de commerce (HEC, ESSEC et ESCP)  et les boites privées qui fleurissent un peu partout en ce moment dans les grandes villes de province (IPAG, IFAG, Wesford etc…), il n’y a tout simplement aucun point commun.

La prochaine fois qu’un intervenant ou qu’un journaliste vous parlera DES écoles de commerces comme un ensemble, vous pourrez être à peu près sûr qu’il n’y connaît absolument rien.

Dans le cas des meilleures écoles de commerce, c’est-à-dire le top 5 ou, soyons fou, le top 10, l’admission est conditionné à la réussite d’un concours après deux ans de prépa, ou deux, trois ou quatre ans d’études supérieures. C’est-à-dire que pour entrer dans une bonne école de commerce, il ne suffit pas d’arriver la bouche en coeur avec un gros chèque, il faut réussir des épreuves anonymes nationales. Qui dit « anonymes nationales » dit « pas de piston ». Les histoires du cousin du neveu de la meilleure amie de la grand-mère de mon voisin qui a réussi à entrer à HEC parce qu’il connaissait le meilleur ami du fils de l’oncle du recruteur, c’est du bullshit.

Les gens qui sont en école de commerce ont donc au moins le mérite d’avoir réussi un concours, allant du relativement facile au très difficile selon le niveau de l’école. Pourquoi y a-t-il autant de gens aisés financièrement en école de commerce alors ?

Il y a des « fils de » et des « filles de » en école de commerce, c’est certain. Mais il y en a bien moins que l’idée que l’on s’en fait, d’une part, et cette logique de reproduction sociale n’est pas propre aux écoles de commerce d’autre part. Pour ceux que le sujet intéresse, je vous recommande la littérature de Pierre Bourdieu à ce sujet. Je pense d’ailleurs que la lecture de Pierre Bourdieu est un pré-requis indispensable pour comprendre le système éducatif français.

Les logiques de reproduction sociales existent indéniablement, mais elles ne sont pas propres aux écoles de commerce. Je suis sur que l’origine sociales des HEC est très proche de celle des polytechniciens, alors que HEC est payante et que Polytechnique est gratuite. Donc si quelqu’un commence à vous parler des écoles de commerce comme un instrument démoniaque de pérennisation des élites par opposition aux écoles d’ingénieur permettant l’ascension sociale des déshérités dures à la tâche, renvoyez le vers Les Héritiers de Pierre Bourdieu, tout est dedans.

Les écoles de commerce sélectionnent sur l’argent

Les écoles de commerce ne sont pas gratuites, c’est un fait. Les frais de scolarité ont beaucoup augmenté ces dernières années, c’est parfaitement vrai. Pour ceux qui ne connaissent pas ce milieu, une année dans une école de commerce réputée coûte aux alentours des 12 000€.

Facile alors de crier au scandale de la discrimination sociale, comme quoi les écoles de commerce ne recrutent que sur les critères sociaux des parents…

Toutes les personnes derrière ces belles paroles oublient deux choses :

  1. L’argent n’est pas un critère d’entrée
  2. Les meilleures écoles ont toutes des solutions de financement

L’argent n’est pas un critère d’entrée

Les écoles de commerce recrutent sur concours. Si ce concours est une vaste plaisanterie pour les écoles de commerce les moins réputées, il est en revanche beaucoup moins sympathique pour les écoles les plus prestigieuses.

Pour donner quelque chiffres de 2014 :

  • Taux d’admis post-prépa à HEC : 7.36%
  • Taux d’admis directs à HEC : 3.59%
  • Taux d’admis post-prépa à l’ESSEC : 6.69%
  • Taux d’admis directs à l’ESSEC : 7.7%
  • Taux d’admis post-prépa à l’ESCP : 5.97%
  • Taux d’admis directs à l’ESCP : 7.87%

NB : Les chiffres ne sont pas comparables entre concours pour une même école, les modalités et les candidats étant différents. Les concours post-prépa sont plus difficiles dans l’absolu étant donné que les candidats s’y sont préparés pendant 2 ou 3 ans.
Sources : Le classement SIGEM et le site de la DAC.

A moins d’être d’une mauvaise foi stratosphérique, il convient d’admettre que ces taux sont bas. Ce qui veut dire que les étudiants admis dans ces écoles (et à fortiori dans d’autres affichant des taux d’admission bas, tels que l’EM Lyon ou l’EDHEC) ne sont pas des jeunes branleurs ayant de l’argent à dépenser, mais des étudiants ayant quand même dû travailler un minimum pour être dans les 2 à 10% de meilleurs nationaux à ces concours.

Après il est aussi possible de considérer que la jeunesse actuelle est un ramassis de gros nuls et donc que les admis sont juste un peu moins limités que les autres. Ce qui revient donc à déformer la réalité pour qu’elle soit d’accord avec vous, mais ça ne semble pas choquer certains ayant la gâchette « raccourcis » un peu facile

Toutefois, ces faits n’empêchent pas les détracteurs des écoles de commerce de persister et de ne pas considérer le concours comme un réel moyen de sélection. Si vous êtes amené à débattre de ce sujet avec quelqu’un, gardez à l’esprit que la grande majorité des gens n’ont tout simplement jamais passé de concours, et donc ne savent pas ce que ça représente en terme d’investissement personnel et de pression. J’ai récemment eu des BTS de Valenciennes qui m’ont expliqué en long, en large et en travers que leur formation était plus reconnue par les entreprises que HEC, parce qu’il leur fallait valider toutes les matières pour valider leur BTS et qu’ils devaient faire deux stages en entreprise. Oui Monsieur.

Conclusion : La plupart des gens ayant du mal à admettre que des formations plus prestigieuses que ce qu’ils ont fait existent, ils feront tout pour dévaloriser les-dites formations, quitte à utiliser des argument infondés et grotesques.

Les meilleures écoles ont toutes des solutions de financement.

Les faits sont là : HEC est gratuite pour les boursiers, et la plupart des grandes écoles ont des accords avec les banques vous permettant de bénéficier de prêts à taux très bas. Je sais ce que vous vous dîtes derrière votre écran : « Partir avec un crédit dans la vie professionnelle n’est pas quelque chose de normal, on n’est pas les Etats-Unis, l’éducation doit être totalement gratuite etc… ». Je vous répondrai par une phrase : l’éducation a un coût donc elle a un prix.

Le mythe de l’éducation intégralement gratuite est à mon sens un mythe, tout simplement parce que rien n’est gratuit. Et l’université française ? Oui, c’est d’ailleurs pour ça qu’elle va aussi mal. Et les grands écoles publiques (Polytechnique, ENS, ENA etc…) ? La scolarité est gratuite car c’est un investissement public, mais ce n’est pas un système généralisable à l’ensemble d’un système éducatif, car l’investissement par étudiant y est trop élevé.

Les écoles de commerce sont chères, c’est vrai, mais à qualité équivalente elles sont bien moins chères que leurs homologues anglaises et américaines. Une année dans la moindre business school anglaise ou américaine est 3 à 4 fois plus chère que dans une top ESC française, alors que la réputation de cette dernière est bien supérieure. Si on comment à comparer les meilleures écoles nationales entre elle, le rapport n’est plus de un à trois ou de un à quatre mais de un à cinq, voir un à six. Même si les meilleures ESC françaises sont chères dans l’absolu, le rapport qualité/prix n’est pas donc pas si mauvais.

De plus, des solutions existent pour restreindre le coût d’accès à la formation : accords avec l’école, apprentissage, prêts préférentiels etc… Dans tout les cas, je n’ai jamais entendu parler d’un refus d’une ESC top 5 à cause du coût de celle-ci.

Par souci d’exhaustivité, il existe une alternative publique et presque gratuite aux écoles de commerce : les IAE (Institut d’Administration des Entreprises). Bien que ces formations soient bonnes dans l’absolu et comparables à la moyenne des écoles de commerce, je pense que le top des écoles de commerce a quand même quelques crans d’avance à tout points de vues. En revanche, entre faire une ESC milieu de tableau et un IAE, je pense que l’IAE commence à devenir une solution intéressante.

Les écoles de commerce sont en partie responsables de la crise économique

A en croire certains sites d’actualité orientés politiquement (Rue89 pour ne citer que lui), les écoles de commerce seraient un lieu de perdition intellectuelle, ou l’on apprendrait à une jeunesse nubile et malléable tout les vices d’un capitalisme néolibéral débridé. En effet, les écoles de commerce ont tout pour déplaire au système scolaire national : elles sont payantes, sélectives mais surtout elles forment des étudiants à l’entreprise. Et il ne faudrait pas « se faire enseigner la cupidité à l’école » pour citer Jean-Luc Mélenchon.

Or, comme on y apprendrait à voler le plus d’argent possible le plus rapidement possible sur le dos des autres, l’effondrement économique que nous connaissais depuis 2008, voir depuis 1973 pour les plus audacieux, serait en parti dû à la formation des « élites » économique des pays occidentaux. (« élites » entre parenthèses car je déteste ce terme). Mouais.

Le raisonnement ci-dessus néglige juste un petit détail : les étudiants en école de commerce ne forment pas un bloc homogène. Une promotion dans une grande école de commerce est d’environ 500 personnes par an. Or ces personnes ne forment pas une légion de bandits qui, le couteau entre les dents, attendraient la fin de leur études pour dépecer les entreprises et reproduire les pires travers d’un capitalisme de connivence.

En effet, dans les étudiants en école de commerce il y a aussi des personnes qui veulent partir dans l’humanitaire, ne pas avoir une carrière trop exigeante ou voulant devenir serviteurs de l’Etat. Dans tout les cas, le cliché du trader qui se repaît de la misère d’autrui est très loin de la réalité des étudiants en ESC, qui au final ne sont pas différents de la société civile.

Les écoles de commerce sont de mauvaises copies des écoles d’ingénieur

C’est bien connu, l’élite intellectuelle de la France ne réside que dans les écoles d’ingénieur et les facultés scientifiques. Les écoles de commerce ne forment que des commerciaux médiocres et cocainés, et les facultés de sciences humaines (Droit, Economie etc…) sont des usines à branleurs incapables d’étudier les vraies sciences. C’est une caricature ? Oui, mais c’est aussi une vision du système post-bac qui a la vie dure.

Je pense que l’origine de ce cliché manichéen est très profonde. Il y a en France depuis le XIXème siècle le mythe de l’ingénieur, pardon, de l’Ingénieur, celui qui imagine, conçoit, produit et soutient l’économie nationale. A côté de ça, le commercial est un médiocre trop con pour faire ingénieur. Quant à l’entrepreneur, c’est au mieux un parasite uniquement intéressé par le profit et les contingences bassement matérielle.

J’arrête ici la kalachnikov à clichés, mais il faut être conscient que cette vision existe, et qu’elle est propre à la France. Dans les pays anglo-saxons et hispanophones, les études commerciales sont reconnues comme telles. Personne ne pense d’un étudiant à la Harvard Business School, à la London Business School ou al Instituto de Empresa qu’il est trop con pour faire de vraies études. Et pourtant beaucoup de gens pensent ça des étudiants en écoles de commerce françaises.

A mon sens les deux formations ne sont pas réellement comparables. Les écoles d’ingénieur recrutent sur sciences dures (mathématiques, physiques, chimie etc…) tandis que les écoles de commerce recrutent en partie sur sciences dures (mathématiques notamment) et en partie sur sciences sociales (économie, géopolitique etc…). Un bon scientiste considérera que tout ce qui n’est pas sciences dures est du blabla intersidéral, mais dans ce cas-là je n’essaierai même pas de vous convaincre.

Les meilleures écoles d’ingénieur sont certes plus prestigieuses que les meilleures écoles de commerce, mais cette situation n’est valable que pour le sommet des classements. La différence entre un bon étudiant en école d’ingénieur et un bon étudiant en école de commerce est la voie qu’il a choisi de prendre, ni plus ni moins.

« Si les écoles de commerce françaises sont si bonnes, pourquoi est-ce que la situation économique française va si mal ? »

Ce titre est une citation d’un article sur le Figaro étudiant. Cette phrase est tellement grotesque que j’y répondrai par :

« Si ton médecin est si bon, pourquoi est-ce qu’il est si souvent malade ? »

PARCE QUE ÇA N’A RIEN A VOIR.
Cordialement.

Par Lexane Sirac

J'ai grandi au Québec puis à Grenoble. Après avoir obtenu mon bac à 15 ans, j'ai arrêté mes études pour faire du sport à haut niveau jusqu'à ce qu'une blessure me renvoie sur les bancs de l'école. J'ai fondé Réussir Mes Études en janvier 2012, avant d'intégrer l'emlyon et de décider de faire de l'écriture mon métier.

19 réponses sur « La mauvaise réputation des écoles de commerce »

De toute manière toutes les universités privées sont mal réputées. Voir ce que l’on dit des universités catholiques que l’on y soit étudiant ou enseignant c synonyme de loose.

Bonjour Laura

Vous dites que  » votre concours représente un investissement tellement important, incomparable aux autres formations post-bac « .

Si vous souhaitez avoir des exemples de formations post-bac où ça bosse, je vous en cite :
– un cursus complet en kinésithérapie, métier passionnant, concours très difficile obligeant certains candidats à aller passer le concours en Belgique ! (de plus en plus difficile)

– en soins infirmiers (résistance mentale et physique, le plus dur n’étant pas le concours mais l’après concours, le cursus est très prenant ! Sensations fortes garanties) Salaire au lance-pierre mais on aime ce que l’on fait ! Métier d’avenir au passage.

– celui de sage-femme. (idem, métier O combien dévalorisé en France quand je vois le salaire d’une amie, 2200 euros par mois !, salaire scandaleux ! très beau métier, on le choisit par vocation).

– Médecin : Vous l’avez dit, et je confirme. Autre concours en médecine, celui de l’internat en 5ème année.

Pour saluer le travail d’un ami : Devenir officier de la marine marchande. Bonne chance pour intégrer l’école ! Je vous garantie que cela vaut autant qu’une intégration en deuxième année de médecine ou votre école de commerce.

Et je peux vous citer d’autres exemples. Un cursus d’ingénieur, un cursus en droit pour devenir avocat..

Il n’y a pas que les Ecoles de Commerce dans la vie !

Bonne continuation en tout cas Laura dans votre vie professionnelle.

Bonjour

Pourtant on trouve des écoles de commerces qui sont gratuits mais en alternance, tant mieux gratuité, expérience,diplôme et salaire. C’est ce que je compte faire, mais en ce moment le marché de travail est un peu compliqué a y intégrer, mais ben il faut se battre dans la vie.

Merci pour l’article

Bonjour,
Je m’interroge sur l’anonymat des concours. Je me doute que l’écrit soit anonyme mais qu’en est-il de l’oral quand on voit que 75 % des admis sont issus de prépa parisiennes et qu’en consultant les stats des écoles elles ont sensiblement un équilibre filles/garçons et une proportion à peu près identique de boursier. Ne doivent elles pas répondre à des « quotas ». J’avais entendu dire qu’après les oraux, une commission de jury se réunissait pour justement faire le « mayonnaise »! Est-ce vrai et prouvé ou bien les écoles prennent vraiment les élèves qui ont le mieux réussi. Merci

Merci pour cet article bien argumenté et documenté, tout est tellement vrai ! Actuellement étudiante à l’ESCP, je perçois ce dénigrement pour les écoles de commerce bien trop souvent… J’avoue qu’après avoir bataillé 2 années pour intégrer une parisienne, j’en ai un peu marre de passer pour une fille à papa lorsque je dis que je suis en école de commerce. La classe prépa et le concours représentent un investissement tellement important, pour moi incomparable aux autres formations post-bac (à l’exception de la première année de médecine), il serait peut-être temps que l’on s’en rende compte et que l’on arrête de cracher sur ceux qui travaillent ! Ceci est d’autant plus vrai que sans ces grandes écoles de commerce, l’activité économique de la France serait au point mort.

Une petite précision sur la perception des études de commerce dans les pays hispanophones : je suis issu du système éducatif espagnol, et là-bas les études d’ingénieurs sont bien plus valorisées que les études de commerce, peut-être plus qu’en France. L’instituto de Empresa est réputé, certes, mais en termes de prestige, mieux vaut avoir fait Caminos (équivalent des Ponts et Chaussées) ou ingénieur Industrales, Teleco, etc.

En Espagne on a tendance à penser que les étudiants en commerce achètent leur diplôme, un peu comme en France.

Il sert à quoi cet article ? Essayer de vous rassurer ? Ben oui vous gagnerez bien votre vie et non vous êtes pas plus nuls que les ingénieurs. Oh oui c’est dur de rentrer dans une école de commerce et c’est très dur de valider. C’est bon, ça va mieux ?

Il sert à répondre à certaines critiques récurrentes autour de nous. Aucun besoin de nous rassurer sur la qualité des études de Guillaume ; cet article a plus vocation de billet d’humeur, et au passage donne quelques conseils sur le choix de sa future école aux lycéens, que le blog a aussi pour mission d’accompagner dans leur orientation.

Non mais soyons sérieux 5 minutes.
Le titre déjà est une vaste blague : à quel moment il y a une mauvaise réputation ? Le nombre d’étudiants en ESC a triplé en 20 ans !
Ce qui est drôle aussi, c’est que l’auteur généralise son propos à toutes les ESC. Ne nous mentons pas, il y a un fossé entre les 3 parisiennes et les 2 autres du top 5 et je ne les compare même pas aux autres du top 10 qui sont à des années lumières d’HEC ! Donc conseil d’orientation : oui HEC c’est bien (quel scoop). Mais KEDGE ou AUDENCIA ou SKEMA c’est quand même moins bien…
Pour la difficulté académique, je ne préfère pas en parler. Rien qu’en voyant les récits de mes collègues de l’EDHEC..
Arrêtez de dire que l’argent n’est pas un critère d’entrée, de grâce !! Pour intégrer les bonnes écoles de commerce il faut faire une prépa. Les meilleures prépas sont à Paris. Si on est armé que de son « mérite », il faut être prêt à vivre 6 ans minimum à crédit. Pour les admis sur titre, une petite prépa privée est quand meme conseillée. Et puis après, on peut comprendre que certaines personnes modestes soient freinées par les sommes à débourser.
Enfin, oui les sciences dures sont plus valorisées : c’est plus impressionnant de savoir construire un pont que de savoir vendre des articles en maîtrisant le marketing…
Mais c’est pas grave non ?

Pour ma part je ne pense pas non plus qu’il soit plus valorisant de vendre des articles en maitrisant le marketing, mais tout bonnement que vendre nécessite des compétences différentes que celles nécessaires à la construction d’un pont, et de difficultés peut-être égales.
Une école de commerce classée 15ème et une école d’ingénieur classée elle aussi 15ème (même si les classements sont en réalité faits de manière un peu différente), le niveau intellectuel et la charge de travail est sensiblement la même. Pour être moi-même en école d’ingénieur (école d’ingénieur généraliste qui mène à devenir manager, tout comme les écoles de commerce), je peux vous dire que – excusez-moi pour l’expression – on s’touche !

Très bon commentaire, très pertinent.

Dire qu’il n’y a pas de sélection par le fric pour entrer dans une école de commerce c’est juste dire n’importe quoi.

Les éventuelles coûteuses années pre-école (pour avoir une chance d’intégrer une top5), les frais d’inscriptions, de concours, de dossier ect sans compter le coût de chaque année sont hallucinants, et c’est pas un étudiant , aussi brillant soit-il, ayant 2 parents qui parviennent à peine à boucler leur fins de mois, qui y aura accès.

D’abord il y a la sélection de ceux qui peuvent se payer les écoles (sélection financière) et parmi ceux là il y a la sélection intellectuelle (on prends les meilleurs de ceux qui peuvent se payer ces écoles).

Alors oui les étudiants en école sont pas cons (et même très intelligents si école top3 ou top5), mais non le principe reste écœurant.

Des étudiants plus qualifiés et intelligents ne seront pas pris (car ils ne postulent pas car ils n’ont pas les moyens financiers) et d’autres moins bons mais pouvant payer le seront.

Donc école de commerce = top du top de l’inégalité des chances

Pour répondre à ESKOV

A propos du « coût » de la prépa :

1) Vous auriez pu ajouter le prix du papier et des stylos pour prendre les cours, voire du sac pour les porter, des habits et du transport pour y aller, du toit et de la nourriture pour survivre aux 2 ans… Mais au-delà de ces mesquineries, les classes préparatoires publiques sont gratuites, et votre calcul, certes optimiste quant au coût réel des livres, annonce une somme inférieure aux frais d’inscription des universités.
2) Les classes préparatoires ne sont pas spécifiques aux écoles de commerce, et par conséquent leur « coût » non plus : ENS, écoles d’ingénieur, agro…
3) Les CDI des classes préparatoires et les bibliothèques étudiantes permettent d’emprunter les manuels utiles, évitant ainsi leur achat.
4) Il est difficile de suivre un cursus universitaire jusqu’à la validation d’un master (diplôme délivré par les écoles de commerce post-prépa) sans consulter un seul livre.

A propos de la reconnaissance des formations :

1) Le passage que vous citez n’a pas pour but de dénigrer les BTS par comparaison à HEC ; il souligne juste la méconnaissance de l’enseignement en école de commerce. En effet, les concours d’admission aux écoles sont conçus de telle manière qu’il est presque impossible d’intégrer l’une des meilleures en « ratant » une épreuve, surtout avec l’augmentation annuelle des barres d’admissibilité : il est donc également nécessaire de « valider » toutes les matières. Par ailleurs, toutes les écoles de commerce conditionnent l’obtention du diplôme à la réalisation de plusieurs stages en entreprise (18 mois cumulés à l’ESSEC).
2) Il existe de nombreux chiffres sur la reconnaissance de telle ou telle formation par les entreprises, et les masters en management (délivrés par les écoles de commerce) ne sont jamais lésés, notamment ceux des écoles les plus reconnues.
3) Après 2 ans de prépa, les ESC de Reims et Bordeaux (ou plutôt le campus de NEOMA à Reims et celui de KEDGE à Bordeaux) délivrent, tout comme HEC, un master en management, qui n’est donc absolument pas spécifique au domaine du vin. Une spécialisation est possible en master spécialisé, qui est une autre formation, et que l’on peut d’ailleurs très bien suivre à Bordeaux ou Reims après avoir fait une autre école.

A propos de l’alternance et de la formation théorique :

1) Il est vrai que les cours magistraux sont purement théoriques ; c’est pourquoi en école, dans presque toutes les disciplines, ils sont complétés par des cas pratiques. Et comme dit plus haut, par des stages.
2) Les étudiants des écoles de commerce peuvent tout à fait suivre leur cursus en apprentissage ou en alternance : l’amalgame « alternance = BEP » ne vient donc pas de ce côté… D’ailleurs, ce cas, les frais de scolarité de l’étudiant sont à la charge de l’entreprise.
3) Heureusement, les cours enseignés ne se réduisent pas à la connaissance de Keynes. D’ailleurs, et c’est peut-être la différence fondamentale avec les masters d’université, la principale valeur ajoutée de la formation n’est pas tant l’acquisition de connaissances que celle de compétences, dans le but, non d’être incollable dans une discipline, mais d’être performant dans une situation.

A propos de l’histoire et de la géographie :

1) Je ne sais pas à quelle époque votre « Avant » final fait référence, mais je serais curieux de savoir à quel moment l’ascenseur social était si bien développé que tous les « patrons » avaient commencé leur vie professionnelle par la profession la moins qualifiée, surtout dans les « grosses sociétés ».
2) Si la France « va aussi mal », ce qui est par ailleurs discutable, c’est sans doute pour des raisons un peu plus profondes et valables que le « piètre » enseignement en école de commerce.
3) Les écoles de commerce ont pour but de former aux activités en lien avec le commerce et les fonctions managériales en général. La théorie économique tant critiquée aujourd’hui n’a pas été élaborée en école, mais sur les bancs des facultés d’économie.

En espérant que mon pavé permettra de rétablir quelques vérités erronées.

Très bel article qui remets les points sur les I !

En ce qui concerne la situation de la France, pour répondre à Guillaume, et à Eskov, je ne dirais pas : « Combien de dirigeants d’entreprises connaissent vraiment le secteur où il travaille ? « , mais plutôt « Combien de politiques connaissent le monde réel de l’entreprise ? ».

Ayant la fibre entrepreneuriale, et moi même étant dans une école de commerce du top 10, je suis très pessimiste sur l’avenir de notre pays. Bien que fier d’être l’un des siens. Arrêtons en avec ces politiques tordues, et vive le capitalisme.

En ce qui concerne les écoles dites du « moyen et bas classement » : je suis d’accord, elles ont les accréditations, les diplômes sont reconnus, mais le manque de candidats fait que la plupart des postulants sont acceptés…

Votre article est certes très intéressant et je partage quelques idées comme vous.

Mais je ne peux pas être d’accord avec vous. Pour entrer dans une école de commerce ou d’ingénieurs, la selection peut se faire sur l’argent que vous le vouliez ou non. En effet, l’entrée à ces écoles se fait avec des concours. Or pour réussir ces concours, il me semble qu’il faut une préparation qui implique l’achat de livres. Avec un petit calcul rapide à faire, le prix moyen d’un livre est de 30€ sachant qu’il en faut 5-6, on arrive vite à 150-180€. Alors oui, 150-180€ peut paraître une somme dérisoire pour certains mais pour d’autres les 150€ sont une somme énorme !

Ensuite, ce passage m’a beaucoup fait rire ! “J’ai récemment eu des BTS de Valenciennes qui m’ont expliqué en long, en large et en travers que leur formation était plus reconnue par les entreprises que HEC, parce qu’il leur fallait valider toutes les matières pour valider leur BTS et qu’ils devaient faire deux stages en entreprise. Oui Monsieur.” J’en suis quasiment sûr, il doit exister des formations plus reconnue que celles proposées par HEC. Je prends un exemple tout simple : le commerce du vin. Je préfère sortir de l’ESC Reims ou Bordeaux que de sortir HEC. Paris ne me fait pas passer au vin alors que Reims et Bordeaux, là ça me parle.
Ensuite, l’autre problème sur ce sujet, c’est que certaines formations sont plus valorisantes que celles de grandes écoles. En effet, trop peu de grandes écoles proposent d’alternance, car on est toujours dans cette logique d’alternance = BEP, CAP et j’en pense. Or l’alternance est beaucoup plus valorisant pour les étudiants/entreprises que l’apprentissage sur les bancs des écoles. Oui, Keynes c’est bien mais les entreprises ne recherchent pas ce type de raiosnnement. Et si la France va aussi mal, c’est que l’on fait sûrement un peu trop de théorie et non de pratique. Combien de dirigeants d’entreprises connaissent vraiment le secteur où il travaille ? Avant, le patron d’une grosse société était souvent rentré dans l’entreprise à l’âge de 16 ans et y ressortait chef d’entreprise.

Je suis d’accord. D’ailleurs c’est honteux, le collège de ma petite sœur fait aussi une sélection sur le portefeuille familial !! Pour sa rentrée on a dû acheter un livre de math, un d’histoire et des fournitures (soit à peu près 100€). Ca peut paraître une somme dérisoire comme ca mais pour d’autres ca représente beaucoup !!
A mort le capitalisme 😉

Merci pour cet article, je suis actuellement à Kedge Business School (pour ne pas la citer…) et je trouve qu’il est bon de rappeler que non les écoles ne commerces ne sont pas des repères pour fils-à-papa, non tout le monde n’a a des parents cadres prêts à payer les études de leur progéniture, oui il faut bien voir que l’admission est faite par concours, et ce aussi bien en ESC qu’en post-bac ce qui implique travail et pression alors qu’une admission en cursus public serait bien plus aisée. De plus, pour ceux qui citeraient la « malhonnêteté intellectuelle » des écoles de commerce il aussi bon de savoir que certains étudiants poursuivent leur carrière dans l’humanitaire (comme cité dans l’article, la recherche ou même dans la fonction public! Non tous les étudiants en école de commerce ne deviendront financiers, car on ne fait pas que de la finance en école de commerce, et on peut même faire de la finance et être honnête, si si je vous jure! Et oui l’éthique et le respect aussi bien d’ordre sociétal qu’environnemental est au programme des écoles de commerce (c’est mon cas).

Easy de taper sur l’IDRAC, que tu as cité, et qui a pourtant le visa et grade de master. Cette école n’a jamais prétendu faire partir des meilleurs, mais en faire un exemple type d’école moisie pour gogos friqués est malhonnête intellectuellement. Presque autant que la mauvaise réputation des ESC que tu soulignes.

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