Réussissez votre PACES (2/6) – Trouver une méthode de travail

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Cet article est le second d’une série de six articles consacrés à la réussite de la première année d’études de médecine : après un petit article introductif, nous entrons enfin dans le vif du sujet : le travail en P1 !

  1. Introduction
  2. Trouver une méthode de travail
  3. Tenir le rythme pendant 9 mois
  4. Rester motivé toute l’année
  5. Les révisions et le concours
  6. L’après-P1

Pour savoir à quoi vous attendre pendant le cursus médical, lisez mon article S’engager dans des études médicales, évoquant la quantité de travail, la dimension psychologique, scientifique et humaine etc.

La P1 doit se préparer dès le mois d’août : Trouvez un moyen d’accéder aux cours de l’année à venir (ou à défaut ceux de l’année passée) et familiarisez-vous avec le programme de l’année. Les programmes évoluent généralement assez peu. Si vous êtes à la faculté de Grenoble, sachez que vous pouvez trouver les cours du DVD des années passées ici. Vous vous rendrez rapidement compte de la masse de choses à apprendre. Je vous conseille de commencer dès le mois d’août à apprendre les cours des disciplines qui demandent beaucoup de travail d’apprentissage par cœur (la chimie et l’histologie par exemple) et les disciplines qui nécessitent une très bonne compréhension : la physique et les mathématiques.

Vous allez devoir rapidement trouvez votre méthode de travail. Il existe autant de méthodes de travail que d’étudiants, néanmoins il y a quelques points communs aux méthodes de ceux qui ont réussi leur P1 :

Comprenez avant d’apprendre par cœur : Il est inutile d’apprendre par cœur des cours que vous ne comprenez pas. Si une notion n’est pas très claire dans un cours, n’hésitez pas à prendre quelques minutes pour trouver des informations supplémentaires sur internet ou dans des livres. Officiellement, vous n’avez pas besoin de livres supplémentaires pour préparer votre P1, mais en pratique, il est très utile voire indispensable d’avoir au moins les livres suivants.

  • Un atlas d’anatomie : comptez entre 60 et 90€ pour un bon livre. L’Atlas d’anatomie humaine de Franck Netter (éditions Masson) est l’ouvrage de référence en matière d’anatomie. Ce livre vous servira tout au long de votre cursus médical.
  • Un atlas de biochimie : la biochimie est une discipline complexe, intégrant une foultitude de mécanismes. Je vous recommande l’achat d’un livre complet sur la biochimie (pas un livre portant uniquement sur les cours de PACES) avec beaucoup de schémas, car vous n’aurez de cesse de vous y référer en P1 et dans les années ultérieures. Comptez entre 30 et 50€ pour un bon livre. Personnellement j’utilise l’Atlas de biochimie humaine de J.Koolman (éditions Lavoisier)

Ne faites aucune impasse : Dites-vous bien que chaque cours travaillé vous fait gagner des places au concours. Ne faites pas d’impasse sur les cours faciles car ils sont travaillés par tous les étudiants et vous risqueriez de perdre des places. Ne faites pas non plus d’impasse sur les cours difficiles car beaucoup d’étudiants ne les travaillent pas (généralement la biochimie et la biophysique) et cela vous permettra de gagner des places.

Faites travailler votre mémoire : étant donné la masse d’informations à retenir, votre apprentissage doit être actif. Mobilisez un maximum d’activités intellectuelles pour mémoriser les informations

  • Lisez votre cours attentivement, en faisant des liens avec le contenu des autres cours. N’hésitez pas à lire à haute voix avec le ton et les gestes, à déambuler dans la pièce, voire même à déclamer vos cours comme un professeur. Certains étudiants s’enregistrent pour se réécouter plus tard.
  • Chantez vos cours sur des airs que vous aimez
  • Surlignez et/ou soulignez les mots clés sur vos polycopiés
  • Réécrivez le plan et les mots clés, redessinez les schémas, les dessins anatomiques etc. (Je vous conseille pour cela l’achat d’un tableau blanc)
  • Faites des fiches murales : n’hésitez pas à accrocher chez vous de grandes feuilles de papier avec des schémas colorés reprenant des points difficiles de vos cours, ou avec les nombres que vous devez retenir par cœur écrits en gros et en couleur par exemple. Assurez-vous qu’elles soient bien en vue, de façon à ce que vos yeux se posent régulièrement dessus : sur un mur, une porte, une lampe de bureau, un miroir etc. C’est un des moyens que je trouve les plus efficaces pour stimuler la mémoire à long terme, et qui vous permettra de vous souvenir de petits détails pendant des années.
  • Usez et abusez des moyens mnémotechniques : cherchez sur internet des moyens mnémotechniques existants ou créez en vous-même de nouveaux, pour retenir par exemple la liste des acides aminés essentiels (Le très lyrique Tristan fait vachement méditer Iseult), ou la classification périodique des éléments (apprendre par cœur les 4 premières lignes vous fera gagner beaucoup de temps au concours).
  • Utilisez les anecdotes, les blagues, les jeux de mots… : souvent les profs illustrent leurs cours par des anecdotes (personnelles, professionnelles, historiques ou culturelles), certains font des blagues ou des jeux de mots. Les relire et les associer mentalement aux cours peut vous aider à marquer votre mémoire.
  • Regardez sur internet des vidéos abordant le sujet du cours.
  • Faites réviser vos camarades de P1 en les interrogeant : certains étudiants choisissent de réviser en groupe. Attention, ne perdez jamais de vue que vous êtes tous concurrents.

Toutes ces activités mobilisent des zones différentes de votre cerveau qui sont autant de portes d’entrées vers les centres de la mémoire

Retenez le nom des professeurs : il arrive que deux cours se contredisent. Dans ce cas, je vous recommande d’apprendre les deux informations de façon indépendante, avec le nom des profs : au concours, le nom du prof qui a posé la question est toujours indiqué. Bien sûr, pour votre connaissance personnelle, il est préférable de chercher dans vos livres ou sur internet lequel des deux a raison.

Faites des fiches : la très grande majorité des étudiants reçus au concours font des fiches. Elles servent non seulement à stimuler votre mémoire par l’écriture, mais aussi à créer un support pour réviser efficacement quand le moment sera venu. Là encore, il existe autant de méthodes que d’étudiants. Personnellement, pour optimiser mes fiches, je suivais les règles suivantes :

  • Être exhaustif : presque tout le contenu des cours doit être repris dans les fiches, quitte à s’affranchir d’une syntaxe correcte et à utiliser abusivement des abréviations et des acronymes. N’oubliez pas que chaque détail omis est un risque de perdre des places au concours.
  • Faire tenir un maximum d’information sur un minimum de surface. Certains étudiants choisissent aussi de n’écrire qu’au recto de la feuille, de façon à pouvoir mettre les fiches côte à côte pour voir d’un seul coup d’œil le cours entier : cela permet de mieux les assimiler.
  • Être lisible et facilement modifiable : la réalisation des fiches ne doit pas prendre trop de temps. Il est préférable d’adopter un code simple dès le début de l’année et de s’y tenir jusqu’au moins de juin (un code couleur et de style d’écriture par exemple). Si vous êtes à l’aise en informatique, je vous recommande de faire des fiches directement à l’ordinateur (il sera plus facile pour vous de les modifier ultérieurement, de les réimprimer proprement etc).

Gérez votre temps

  • Fixez vous des objectifs à moyen terme (le dimanche, pour la semaine) et à court terme (le matin, pour la journée) : vos objectifs d’apprentissage doivent être qualitatifs et non quantitatif. Autrement dit, plutôt que de vous fixer une durée de travail par jour, fixez-vous des objectifs en termes de chapitres appris : par exemple dites vous « aujourd’hui, je dois apprendre les chapitres 4 à 8, quel que soit le temps que cela va me prendre ». Soyez réaliste dans vos objectifs : si vous les atteignez plus tôt que prévu, profitez en pour vous avancer sur la suite. Dans tous les cas, évitez de revoir ces objectifs à la baisse.
  • Ne comptez pas vos heures : attendez-vous à travailler en moyenne 10h par jour, 7 jours sur 7, sans vacances jusqu’au concours. Néanmoins, 10h par jour n’est qu’une moyenne : certains étudiants ne travaillent jamais plus de 7 heures, d’autres jamais moins de 12 ou 13 heures par jour. De plus, certains cours s’avèreront parfois plus difficiles qu’ils s’en avaient l’air : ne renoncez pas à vos objectifs, quitte à y consacrer 2 ou 3 heures de plus que prévu.

Évaluez vos connaissances : il est important que vous soyez sûr de vos connaissances, et que vous sachiez en permanence votre rang dans le classement de votre promotion.

  • Soyez exigent avec vous-même : en P1, chaque mot compte, que ce soit dans les cours, dans les questions, ou dans les réponses des épreuves. Il arrive même que la position d’une virgule dans la phrase ai de l’importance aux yeux du professeur. Apprenez également à repérer les pièges, en particulier dans les énoncés précédant les QCM : par exemple, certains profs demandent parfois de sélectionner les items faux (au lieu des items justes).
  • Allez à toutes les séances de tutorat : si votre faculté met en place un système de tutorat vous donnant votre classement dans la promotion, ne manquez aucune séance : les séances sont généralement supervisées par les professeurs. A Grenoble en 2011, 168 des 169 étudiants reçus avaient assisté à toutes les séances de tutorat (et 1 étudiant avait manqué 1 séance ^^).
  • Faites des colles : si vous êtes inscrit dans une prépa privée proposant des colles, faites en le plus possible, à moins que votre faculté n’organise déjà des séances de tutorat, auquel cas celles-ci vous permettront de vous confronter à un maximum d’étudiants, et d’avoir des questions relues et préparées par les professeurs posant les questions au concours.
  • Faites toutes les annales du concours : méfiez-vous des annales datant de plus de 6 ou 7 ans : le programme et les professeurs auront probablement trop changé depuis. Réservez les annales des 2 années les plus récentes pour vos dernières révisions, pendant la dizaine de jours précédant le concours.
  • Trouvez des méthodes pour tester vos connaissances chaque jour : un cours su est un cours pour lequel vous pourriez remplacer le prof. Personnellement, en fin de journée, je reprenais le titre de chaque cours et je m’entrainais à le réexpliquer du début à la fin, sans regarder mes fiches bien sûr.
  • Faites-vous interroger par vos camarades de P1 : certains étudiants aiment travailler en petits groupes, mais ne perdez jamais de vue que vous êtes tous concurrents.

La méthode de travail est un des points clés de la réussite de la P1. Le mieux est de trouver sa propre méthode dès la première semaine de cours, et de l’appliquer tout a long de l’année. C’est là qu’intervient un autre point clé de la réussite de la P1 : l’endurance ! En d’autres termes, il faut tenir le rythme jusqu’au concours et travailler en moyenne 10 heures par jours, 7 jours sur 7, pendant 9 mois, sans vacances. Cela fera justement l’objet du troisième article de cette série sur la réussite de la P1 : comment tenir ce rythme tout au long de l’année ?

Si vous avez des questions ou des remarques sur la PACES, en particulier sur l’utilisation du DVD à Grenoble ou ailleurs, n’hésitez pas à laisser des commentaires.




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3 commentaires

  1. Bonjour’ j’aurais aimée savoir si selon toi il était vraiment utile de travailler le programme de paces dès août. En effet d’après tout les autres anciens étudiants avec qui j’ai pu m’entretenir ça n’est pas utile (on se fatigue pour rien, mieu vaut profiter des dernières vrai vacances )
    Merci d’avance pour ta réponse! !!

    • Profite de tes vacances si tu n’as pas de lacunes, si tu en as, essaie de bien te mettre à niveau, mais oui l’essentiel est de te reposer et de commencer sans déjà avoir 3 mois de pression dans les pattes =D

  2. Tout à fait d’accord avec toi ! Ton article montre bien qu’il est nécessaire d’avoir de la méthode mais que chacun doit se forger sa méthode 🙂
    Avec un ami on a essayé de résumer comment réussir la PACES sur notre site prepa-medecine.fr