Orientation post-bac : tout commence dès la seconde !

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Septembre 2013, 2014, 2015, 2016, 2017, 2018 (?), chaque année depuis ma sortie du lycée, peu après la rentrée scolaire je constate la même chose. De nombreux amis ou connaissances se réorientent à peine arrivés dans les études supérieures. Ce phénomène n’est pas propre à mon réseau car de nombreuses personnes le constatent, et cela pose une question de fond :

La faute à qui ? Aux étudiants ayant mal déterminé leur orientation, ou au système scolaire les ayant mal aiguillé ?

Qui dit faute dit préjudice, je pense personnellement qu’un échec d’orientation est une étape pour se construire, mais dans l’absolu le concerné perd – souvent – une année, ce qui n’est pas négligeable. Des cas isolés seraient acceptables, rentrant ainsi dans la marge d’erreur de l’orientation. Mais là il s’agit d’un nombre important de néo-étudiants désorientés, il est donc légitime de s’interroger.

battle, board game, chance

Bien sûr la responsabilité est partagée entre l’étudiant et le système éducatif, je me focalise uniquement sur ce dernier.

En France, la culture du diplôme demeure plus importante que la culture de l’expérience. Dans les lycées généraux et technologiques, on privilégie jusqu’au bac l’apprentissage de savoirs et non de savoir-faire. Le lien avec le monde du travail est faible voir quasi-inexistant pour les filières générales, aussi les bacheliers sortent-ils du lycée avec une vague image de cet univers, loin de la réalité.

Cela se justifie du fait que la poursuite d’études est en principe une évidence, les enseignants ne sont ni qualifiés ni payés pour déterminer au cas par cas le futur de chacun. On laisse aux CIO, aux forums d’études supérieurs, aux brochures – et surtout à l’avenir – le soin de s’en occuper. Parfois c’est efficace, souvent d’ailleurs, mais pas suffisamment, comme en témoignent les nombreux échecs d’orientation.

La clef de voûte de l’orientation, c’est selon moi le concret. Tout ce qui est concret permet de mettre du réel sur des idées reçues. Ce que je veux dire c’est qu’il y a autant de métiers d’ingénieur qu’il y a de domaines d’ingénierie, il y a autant de métiers de vendeur qu’il n’y a de types d’enseignes. Les échecs d’orientation sont trop souvent liés à la méconnaissance des débouchés réels, avec un aveu récurrent :

Je me suis rendu compte que ce n’est pas ce que je voulais faire.

Mais alors que faire quand vous êtes lycéen ?

Que vous soyez en seconde, en première ou en terminale, vous avez forcément quelques pistes ou aspirations pour votre ère post-lycéenne. Aujourd’hui le meilleur moyen d’approcher le réel, de consolider votre projet, c’est la prise de contact.

Formation par formation, contactez des étudiants : quelle est l’essence de leur formation ? Leurs débouchés ? Qu’ont-ils fait au lycée ? Contactez des anciens : que sont-ils devenus ? Est-ce que je me vois à leur place dans quelques années ? Cela ne vous coûte rien, vous permet d’optimiser vos chances de choisir la bonne orientation et enfin, cela vous aide à développer votre réseau, car la majorité des personnes dont moi le premier, se feront un plaisir de vous aider.

Deux emails par jour pour un réseau en béton

Pour aller plus loin

L’approche la plus concrète et intelligente de l’éducation nationale, malheureusement inexploitée dans les lycées généraux et technologiques, ce sont les stages. Vous vous souvenez tous de celui que vous avez réalisé en 3ème, en bien ou en mal, il vous a permis de sortir de votre zone de confort et beaucoup l’insèrent dans leur CV même en post-bac. À mon sens, ce stage obligatoire est une mesurette car il est trop court et n’intervient pas au bon moment de la scolarité.

Je suis pour la généralisation des stages au lycée, généralisation car aujourd’hui seuls quelques établissements proposent ce dispositif, souvent facultatif, et sur le temps des vacances. Toujours est-il que peu importe dans quel lycée vous êtes scolarisé, celui-ci est en capacité de conventionner un stage. En bref, si vous voulez vous frotter au réel, découvrir des secteurs, des entreprises…c’est possible, et c’est à mon sens la méthode la plus à même de vous aider dans le choix de votre orientation. Le plus simple est de prendre rendez-vous avec votre administration afin de présenter votre projet et les convaincre. Certes ici il y a une prise de risque, mais comme dirait un certain philosophe du nom de Monkey D. Luffy :

Si tu ne prends pas de risque, tu ne peux pas créer ton futur.




Diplômé de Commerce, Management et Développement Durable, je suis aujourd’hui professeur d’Économie-Gestion en lycée professionnel. En réflexion permanente sur “ma place” et celle de notre génération dans la société d’aujourd’hui, je cherche à savoir, comprendre et transmettre.

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